Parlons vagin, pilule et stérilet

Il y a 3 mois de cela, j’ai décidé de changer de contraception et de passer de la pilule contraceptive que je prenais depuis l’âge de 16 ans au DIU en cuivre (ou stérilet). J’ai pris cette décision au bout d’environ 1 an et demi de réflexion et surtout suite à de nombreuses et longues discussions avec mes amies. Avant toute chose je dois vous expliquer pour quelle raison j’ai fait le choix de passer de la pilule au stérilet.

 

parlons vagin, pilule et stérilet

 

 

REGLES DOULOUREUSES : HELLO LA PILULE

 

Comme dit précédemment j’ai commencé à prendre la pilule dès l’âge de 16 ans, non pas comme moyen de contraception mais à cause de mes règles douloureuses. En effet, à chaque période de menstruations j’étais sujette à des maux de ventre très forts, des vomissements et aucun médicament ne pouvait alors me soulager. Cette période a duré toute ma scolarité du collège et c’était une situation assez compliquée à vivre. La douleur et l’envie de vomir étaient tellement présentes que je me rendais souvent aux toilettes ou à l’infirmerie.  Bien souvent, les professeurs ne comprenaient pas. Je sais que je ne suis pas seule à avoir vécu cette période où les règles sont tout simplement la pire chose au monde. J’ai rapidement été voir ma doctoresse qui m’a prescrit un médicament qui m’a bien aidée et soulagée durant plusieurs années. Malheureusement, une fois arrivée au lycée les douleurs sont revenues et j’ai de nouveau rendu plusieurs fois visite à l’infirmière. Pour m’empêcher de vomir elle me donnait un sucre et de l’eau de mélisse mais les douleurs étaient toujours présentes. J’ai donc pris un rendez-vous médical où la doctoresse m’a dit que la pilule contraceptive me soulagerait certainement. Pourquoi ? Eh bien c’est récemment que j’ai découvert, que sous pilule contraceptive notre cycle hormonal n’était plus le même et qu’en quelque sorte la pilule nous donnait de « fausses règles ». Il faut savoir que la douleur que l’on ressent lors des règles provient de contractions (oui oui comme les femmes enceintes) émanant de notre utérus. Grâce aux hormones présentes dans la pilule, les règles deviennent moins douloureuses chez certaines femmes.  Il faut d’ailleurs savoir que la pilule n’est pas une fin en soi. L’effet anti-douleurs des hormones ne fonctionnent pas chez toutes les femmes. Il ne faut pas prendre à la légère des règles douloureuses et si votre entourage ou votre médecin vous fait croire que ce n’est pas grave, prenez un rendez-vous ailleurs. Je vous invite à vous renseigner sur le / la médecin pour être en confiance et parlez de votre souci. Je vous conseille ce site internet qui recense un certain nombre de praticiens et praticiennes avec des méthodes respectueuses. En effet il ne faut rien prendre à la légère parce que ce type de douleur est parfois invivable, physiquement mais aussi psychologiquement. Et malheureusement ces douleurs peuvent cacher une endométriose. Attention si vous avez des règles douloureuses cela ne veut pas forcément dire que vous êtes atteinte d’endométriose. Il vaut mieux s’en assurer, auquel cas, faire le nécessaire pour vous soulager. Car, aujourd’hui 1 femme sur 10 qui est en âge de procréer est atteinte d’endométriose. Cette maladie chronique est bien trop souvent mal diagnostiquée, ce qui peut avoir des conséquences. Je préfère malgré tout ne pas vous en parler car je ne suis pas atteinte de cette maladie et donc ne suis pas assez au courant du sujet. Malgré tout je vous renvoie au site de l’association de lutte contre l’endométriose.

Alors voilà, la pilule a fait son entrée dans ma vie et fort heureusement les douleurs ont diminué voire disparu. Les douleurs étaient présentes le premier jour de mes règles et étaient surtout beaucoup, beaucoup beaaaaucoup moins virulentes qu’avant. Ma première pilule était la pilule LeelooGé, une pilule mini dosée, c’est à dire avec une faible dose d’hormonesC’est souvent cette pilule que l’on prescrit aux jeunes femmes, car justement, elle est peu dosée. Me concernant, cette pilule m’a parfaitement convenu pendant 4 ans. Malheureusement, avec le temps les douleurs commençaient à revenir. J’ai décidé de prendre rendez-vous avec une gynécologue pour en discuter. Je m’étais renseignée à l’avance et j’avais entendu parlé du stérilet. J’en ai parlé par la suite avec ma gynécologue qui ne m’a pas dissuadé de passer au stérilet, mais ne m’y a pas spécialement encouragée non plus, et je l’en remercie ! Je suis finalement passé à une autre pilule qui cette fois était bien plus dosée : Minidril. En effet, cette pilule contient plus d’hormones que ma première pilule. Mais elle m’a finalement permis de ne plus ressentir de douleur et de continuer ma vie tranquillement. Enfin pas tant que ça mine de rien.

PRISE DE CONSCIENCE ET DE DECISION 

 

Avant de commencer à vous parler de ma prise de décision, je tenais à dire que le livre Les joies d’en bas de Nina Brochmann & Ellen Støkken Dahl m’a ENORMEMENT aidée et « éduquée » à propos de ce qu’il se passe en bas, vous savez le vagin, l’utérus, le clitoris tousatousaquoi. Les autrices sont deux jeunes médecins qui ont ouvert un blog sur le sexe féminin avant d’écrire un livre à ce propos.  Je vous encourage vivement à acheter ce livre qui est vraiment très intéressant, complet et surtout très accessible en terme de lecture.

Bref, comme nombreuses d’entre nous, j’ai passé plusieurs années à devoir penser tous les soirs à prendre ce petit cachet, à avoir peur de l’oublier et de me retrouver avec un gosse sur les bras (oh malheur pas avant 10 ans au minimum!), mais l’oublier quand même, se rappeler le dimanche soir, prise d’une nouvelle plaquette que je n’ai plus de plaquette, avoir une libido au ras des pâquerettes, des sautes d’humeur à répétition, une prise de poids et une difficulté à perdre ces kilos, des migraines … enfin bref beaucoup de choses qui m’ont un peu pesé au fur et à mesure du temps. Et puis un jour j’en ai discuté avec une amie qui s’était fait poser un DIU en cuivre (dispositif intra utérin) et qui m’a dit que ça avait littéralement changé sa vie (et en bien). Et puis, une autre amie m’en parlé car elle en portait un également et n’y voyait que du positif. Et lorsque l’on y réfléchit il y a peu de négatif dans le fait d’avoir un DIU en cuivre (je ne parle pas de celui aux hormones). Effectivement, le fait que le DIU soit en cuivre signifie qu’il n’y a pas donc pas d’effets secondaires hormonaux comme nous pouvons en avoir avec la pilule. Et puis bien évidemment il y a d’autres avantages. Par exemple, ne plus devoir penser à ce petit cachet tous les jours !!! Je pense qu’avec le temps on ne se rend plus compte de la contrainte qu’est de devoir prendre ce médicament. Et pourtant !!! Ensuite, le stérilet se garde 5 ans. Il faut consulter tous les ans votre gynécologue ou sage-femme pour voir si le stérilet est toujours en place mais sinon pépouz quoi. Ensuite, le DIU en cuivre a une fiabilité en tant que moyen de contraception de 99,2-99,4% autant que la pilule contraceptive qui elle est à 92-99,7% (réf. Les joies d’en bas). L’efficacité contraceptive du DIU est instantané (comme les nouilles). Mais comment ça marche ? Ma gynécologue m’a dit que le cuivre était une sorte de spermicide. J’ai lu dans Les joies d’en bas  (la bible quoi) que l’on ne sait pas vraiment ce qui empêche la grossesse dans le DIU en cuivre. Visiblement, « […] il provoque une inflammation qui modifie l’environnement de l’utérus. Une première hypothèse avance que l’utérus sécréterait des substances spermicides en raison de l’inflammation, la deuxième que le cuivre lui même tuerait les spermatozoïdes ».

Enfin bref, j’ai décidé après de nombreux conseils, de nombreuses recherches de me faire poser un DIU en cuivre. Oui, malgré le fait que la pose d’un DIU sans hormones n’est pas conseillée aux femmes ayant eu ou ayant tout court des règles douloureuses. J’ai voulu prendre le risque car l’avantage du stérilet c’est qu’il peut être retiré (et posé) rapidement, donc s’il ne me convenait pas je pouvais faire le choix de me le faire retirer très rapidement. Je voulais tester, j’étais sûre de moi donc aucune raison de reculer. J’ai donc pris rendez-vous avec la même gynécologue qui ne m’avait ni convaincue, ni dissuadée 2 ans auparavant. Je lui ai parlé de mes choix très librement et nous avons programmé un rendez-vous pour la pose. Nous avons longuement parlé. J’ai adoré discuter avec ma gynéco car elle a été ultra à l’écoute et douce, très compréhensive et de bon conseil. Elle m’a dit que je n’avais pas à avoir peur de la pose, dont j’avais une très grande crainte car l’une de mes amies m’avait dit avoir énormément souffert lors de la pose.  Elle m’a dit que je devais me faire poser le stérilet en pleine conscience pour que mon corps l’accepte. Très justement elle m’a dit que ce n’était pas à elle de forcer pour que mon utérus accepte le DIU mais bel et bien à mon corps de l’accepter.  Elle m’a donc fait une ordonnance avec mon stérilet (précisant bien qu’il s’agissait du plus petit de la gamme). Et elle m’a donné un excellent conseil : lorsque j’aurais été cherché mon stérilet, il fallait que j’ouvre la boite afin de voir à quoi cela ressemblait. En quelques sortes de prendre conscience qu’un corps étranger allait entrer dans mon utérus et rester pendant 5 années si je le souhaitais. C’est ce que j’ai fait et je pense que j’ai bien fais. Concernant les douleurs, elle m’a également dit que souvent les règles douloureuses étaient présentes à l’adolescence mais disparaissaient en vieillissant. Que demander de mieux ?

parlons vagin pilule et stérilet Dispositif intra utérin

 

 

LA POSE DU DIU EN CUIVRE 

 

Je me suis donc fait poser mon stérilet au mois d’avril. J’étais un peu stressée mais pas tant que ça finalement. J’ai pris un anti douleur la veille de la pose avant de me coucher, puis deux heures avant mon rendez-vous. L’anti douleur m’a été prescrit par la gynécologue et c’est souvent le cas mais au cas où n’hésitez vraiment pas à demander que l’on vous en prescrive. C’est notamment grâce à ces antidouleurs que je n’ai riiiiiien senti. Oui, oui contre toute attente je n’ai absolument pas senti la pose de mon DIU. Je ne vais pas vous faire un résumé de mon rendez-vous gynécologique, mais je peux vous dire que choisir un bon praticien ou une bonne praticienne est nécéssaire selon moi. Tout d’abord la gynécologue m’a demandé de choisir la position dans laquelle je voulais me mettre. Elle m’avait conseillé de me mettre sur le côté car bien souvent la douleur est un peu moins présente (certaines femmes accouchent même de cette manière).  J’ai donc choisi cette position mais malheureusement elle ne me convenait pas. Pour faire ça rapidement, malgré sa grande délicatesse, la gynécologue a eu un peu de mal atteindre mon col de utérus car il se trouvait trop loin et le spéculum dont elle disposait était trop court pour l’atteindre. Après plusieurs tentatives j’ai eu envie de faire pipi, parfait ! La gynécologue m’a dit que ce n’était pas grave au contraire, ça allait me permettre de me détendre un peu et de me dégourdir les jambes. Bref, bref (j’avais dit pas de résumé) à mon retour j’ai décidé de changer de position et de me mettre sur le dos, et j’ai bien fait car cette fois ci mon utérus était plus accessible. En à peine 2 minutes le DIU était posé et les fils coupés. Emballé c’est pesé m’dame.

ET APRES ? 

 

J’ai rapidement commencé à ressentir des douleurs que je connais bien. Vous savez ce fameux SPM (syndrome prémenstruel) plus communément appelé « Mais t’as tes règles ou quoi ? » (LE SEXIIIIIISME BOUUUUH). Chez moi le SPM se présente de différentes manières. Tout d’abord en termes d’humeur, la semaine juste avant mes règles je suis ultra râleuse et énervée, j’ai très mal aux reins, mes jambes sont lourdes, et bien sûr, j’ai mal au ventre. Donc en rentrant chez moi suite à la pose, j’ai ressenti plus ou moins ces symptômes, pour la simple raison que la pose d’un stérilet peut provoquer des contractions voire même des règles car un corps étranger vient « titiller »votre utérus donc forcément il est un peu chamboulé. J’ai eu mes règles quelques jours après, mais rien de très violent. La douleur était très largement supportable. Seulement une autre douleur fut son apparition. Je ne peux pas vraiment vous la décrire mais j’ai eu très mal ………. C’était une douleur aiguë comme des aiguilles qui me piquaient. Je n’arrivais même pas à marcher parfois tellement j’avais mal. J’avais l’impression de sentir les fils en fait. J’ai donc pris un rendez-vous chez une sage-femme car je n’avais pas le choix. Par chance je suis tombée par une superbe sage-femme, très ouverte d’esprit (tout comme ma gynécologue), et très douce. Et après l’osculation il s’est avérée que j’avais une irritation voire une mycose dûe à la pause (oui les mycoses ne veulent pas dire que nous sommes sales, bien au contraire !!!!). Bref j’ai soigné tout ça avec des ovules et de la crème et tout s’est arrangé en une semaine. Donc voilà ! 1 mois après la pause j’ai eu à nouveau un rendez-vous avec ma gynécologue afin de voir que tout était en place et en effet c’était le cas. Et sinon, où j’en suis, enfin plutôt, oùen est mon DIU ? Bah il est toujours à sa place ahah. Contre toutes attentes je n’ai pas eu de règles douloureuses. Enfin bien évidemment elles sont un peu plus douloureuses que sous la pilule. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus car ça ne fait que trois mois que j’ai arrêté la pilule et visiblement il faut 6 mois à 1 an pour que les hormones présentent dans la pilule disparaissent de notre corps. Alors disons inchallah pour la suite.

PS : Le plus gros point positif de cet arrêt de pilule c’est l’arrêt des sauts d’humeur. Disons que j’étais pas mal sur les nerfs avant alors que maintenant je le suis nettement moins. J’ai cependant découvert que je pouvais me mettre à pleurer pour “rien”.

POURQUOI CET ARTICLE ?

 

En fait avant de me faire poser mon stérilet j’ai eu besoin de faire des recherches. En effet, je ne voulais pas me lancer là-dedans sans en savoir plus. Aujourd’hui nous avons énormément de ressources pour pouvoir se renseigner sur nombre de choses. Pour le coup j’ai eu du mal à trouver des articles complets et surtout où les femmes partageaient leur expérience (sauf quelques forums qui dataient de 2008). Alors, en soit loin de moi l’envie de raconter la vie privée de mon vagin je vous rassure. Je voulais vraiment permettre à d’autres jeunes femmes qui hésitent à faire ce choix au lieu de subir une contraception qui ne leur convient pas. Je ne cherche absolument pas à vous convaincre que le stérilet et mieux qu’une autre contraception. Comme dis plus haut, la pilule m’a vraiment convenue plusieurs années et convient à de nombreuses femmes. Je veux seulement vous aider.

 

MES CONSEILS  : Bien voire même très bien choisir son médecin pour être à l’aise. Prendre son temps. Ne faites pas tout trop rapidement au risque d’avoir des regrets. Etre en pleine conscience et en acceptation de son corps et faites vous confiance.

LES IDEES RECUES SUR LE DIU :

C’est seulement pour les femmes ayant eu un enfant sinon ça te détruit les parois :un bébé qui passe par ton utérus oui ça peut causer des dommages par contre un stérilet ça fait quelques petits centimètres.

La pose fait hyper mal:  chaque femme est différente donc vous ne pouvez pas savoir.

Plus de risque de tomber enceinte qu’avec la pilule: non les risques sont exactement les mêmes

Notre partenaire peut sentir le stérilet pendant les rapports : I-M-P-O-S-S-I-B-L-E

En espérant que cet article pourra vous venir en aide.

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