Le jour où j’ai entendu battre nos coeurs.

Le jour où j’ai entendu battre son coeur, c’était un jeudi de Novembre. Je n’étais pas prête, mais est ce qu’on l’est un jour ? Je ne sais pas. En tout cas à chaque fois c’est plus merveilleux que la fois précédente. Ce petit moment où tu soulèves ton t-shirt pour voir ce qu’il se passe dans ton utérus et que ton propre coeur bat si fort qu’il résonne dans tes oreilles. Et là, tu as peur que le son de ton coeur soit si fort que tu ne puisses pas entendre celui de ton bébé (on peut parler d’un bébé à quelques semaines de grossesse? J’en sais rien). Puis, tu finis par entendre battre vos coeurs telle une jolie mélodie, la votre, la notre. Toute la pression redescend. Elle est là. Ma petite lentille va bien. Car oui, lorsque je l’ai rencontré au travers de l’écran de l’échographie ce bébé était aussi gros qu’une petite lentille. J’avais super peur qu’il décide de partir car il savait qu’il n’était absolument pas attendu. Alors, je me suis mise à voir les gens autour de moi très différemment à chaque moment de panique. J’ai réalisé que nous étions de nombreuses petites lentilles à peupler cette Terre, et que nous nous sommes toutes accrochées aux utérus de nos mères pour être là aujourd’hui. Putain tu te rends compte mon bébé?  Ce bébé n’était pas attendu. Une énorme surprise puisque je me suis faite poser un DIU en cuivre en Avril 2018. Bien évidemment, je savais que cette contraception n’était pas fiable à 100%, puisque la seule qui le soit est la ligature des trompes pour les femmes. Mais je peux vous assurer que je n’aurais pas penser une seule seconde que je tomberais enceinte à ce moment là de ma vie. 8 ans avec Adrien, et cette envie d’être mère qui est très présente en moi. Pourtant mon côté très rationnel sait que ce n’est pas possible maintenant. Je suis embauchée depuis quelques mois seulement, on en a parlé avec Adrien on sait que ce n’est pas le moment et puis j’ai 23 ans (24 maintenant). J’ai prévu d’offrir un voyage à New-York pour la Comic Con d’Octobre 2020 à Adrien, on veut partir en Grèce ou en Italie aussi dans les prochains mois. Bref pas de bébé à l’horizon. Et pourtant la vie, ou le destin peut être en a décidé autrement. A ce moment là, je viens d’apprendre que deux de mes collègues (et surtout amies) attendent un enfant et qu’elles sont tombées enceintes à quelques jours d’écart à la fin de l’été. C’est ouf. Je suis bouleversée, et tellement d’émotions différentes se bousculent en moi. Je ne comprends pas pourquoi. Enfin, je fais genre que je ne comprends pas alors qu’au fond je sais que cette envie d’être mère résonne en moi. Je pleure. Je suis contente mais un peu triste aussi car moi je sais que ça ne sera pas pour maintenant. On est pas prêts. On en a parlé avec Adrien. Clairement, on pas prêts. Les jours passent, je vis les débuts des grossesses de mes copines avec elles. Sans savoir que quelques jours plus tard j’allais moi-même tomber enceinte. Quand j’y repense je trouve ça absolument incroyable. C’est ouf putain, c’est ouf. Lorsque que j’ai entendu battre son coeur pour la première fois j’étais déjà enceinte d’un mois passé. Mon médecin généraliste me dit qu’il ne faut pas que je tarde à prendre une décision car cela risque d’être encore plus difficile si j’attends. Et il faut que l’on parle avec Adrien, il faut qu’on parle. Mais moi je sais déjà. Je sais que l’on va le garder. Alors, on parle, on parle, on parle, on pleure. Beaucoup. Et on finit par prendre LA décision. On le garde. C’est sûr on le garde. Mon bébé, on te garde tu entends? Alors accroche toi, ne m’abandonne pas, pas toi. Et c’est parti.

La grossesse c’est comme une aventure pour moi. La première de ma vie. Je ressens des choses que je n’ai jamais ressentie auparavant. On est heureux. On l’aime déjà terriblement. C’est incroyable. Jamais de ma vie, je n’aurais imaginé pouvoir aimer un être que je n’ai encore jamais rencontré. Dans mes moments de pleine conscience je suis submergée de toutes les émotions qui peuplent mon corps. Je suis bientôt au début de mon 6ème mois de grossesse. Je n’ai pas eu de maux de grossesse tels qu’on les connait. Zéro vomissements, quelques petites nausées par ci par là et des remontées acides mais rien de plus. J’ai eu rapidement mal au dos car très vite les organes bougent, l’estomac remonte et comme tout est lié et bien mes douleurs d’estomac me font mal au dos. Je suis fatiguée. Punaise c’est crevant de créer un enfant. Et puis, j’apprends que je fais du diabète gestationnel que l’on me diagnostique alors que je ne suis enceinte que de 9 semaines aménorrhées. Habituellement, on découvre que les femmes enceintes font du diabète de grossesse entre la fin du 2 ème et le début du 3 ème trimestre de grossesse. On m’apprend que jusqu’à la fin de ma grossesse je ne peux plus manger de sucre, et je dois apprendre à réguler ma glycémie et me piquer le doigt 6 fois par jour pour voir si mes taux de sucre dans le sang sont dans les normes. C’est long, ça fait mal, ça fait peur. Mais je suis heureuse d’avoir découvert ce diabète au début de ma grossesse car très vite j’ai réussi à le réguler uniquement grâce au régime alimentaire. Je ne vous en dis pas plus car j’aimerais peut-être consacré un article au diabète gestationnel (dont on parle peu et que l’on prend souvent à la légère). Depuis que je suis à 11 semaines de grossesse je sens des petites bulles dans mon ventre. Pour le côté non glamour de la grossesse j’ai l’impression de me péter à l’intérieur de moi même. D’ailleurs au début je pensais avoir des soucis digestifs. Putain j’ai confondu mon bébé avec des pets. Et depuis quelques jours je sens des petits coups, des vrais, ceux qui font un peu mal parfois (pour l’instant), qui surprennent. Je sens qu’il est là. Quand il ne me montre pas sa présence je panique, j’ai peur. Car je sais que je ne pourrais être rassurée qu’une fois que j’aurais mon enfant dans les bras. Mon petit bébé d’été. Enfin est ce qu’une fois que l’on devient parents nous sommes une seule fois rassurés ? Je ne pense pas. Après tout, à partir de maintenant je suis responsable d’un petit être vivant qui va m’appeler maman et qui comptera sur moi pour l’aider, l’aimer, le supporter, le rassurer.

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